Syrie : la répression brutale fait des dizaines de morts

Summary: Les forces de sécurité ont tué mardi 21 février une centaine de personnes lors d'attaques contre la ville de Homs, épicentre de l'insurrection syrienne, et des villages de la province d'Idleb, proche de la frontière turque, ont annoncé les comités de coordination locaux. Dix enfants et trois femmes figurent parmi les victimes, affirment-ils dans un communiqué qui accuse les forces de sécurité fidèles au président Bachar Al-Assad d'avoir commis des meurtres et des violations des droits de l'homme.

[Le 20 Février 2012] - "L'Armée syrienne libre empêche l'armée de pénétrer dans Baba Amro. L'armée (gouvernementale) a riposté ce matin avec des obus qui ont frappé à l'aveuglette ce quartier", ont expliqué des opposants. La ville de Homs est en proie à d'intenses bombardements pour le dix-septième jour consécutif. Un convoi de 56 chars et transports de troupes, qui a été vu sur la route de Damas en direction de Homs selon l'OSDH, fait craindre aux militants un assaut final à brève échéance.

Dans le quartier de Baba Amro à Homs, environ 60 % de ses 100 000 habitants auraient fui les combats. Des militants ont demandé, lundi, l'évacuation des femmes et des enfants du quartier, où la situation humanitaire devient insoutenable.

>> Voir les vidéos des bombardements filmés par les assiégés de Homs.

AU MOINS 31 MORTS MARDI DANS TOUT LE PAYS

Dans l'ensemble du pays, les violences ont fait plusieurs dizaines de morts civils mardi. A Alep, au Nord, un homme d'affaires, qui dirigeait une compagnie hôtelière, a été assassiné. Autorités et opposants se rejettent la responsabilité du meurtre. Il s'agit du frère d'Ahmad Ramadan, membre du bureau exécutif du Conseil national syrien (CNS), la plus importante coalition de l'opposition. 

Dans la province d'Idleb dans le nord-ouest du pays, l'OSDH a dénoncé la mort de 33 civils dans une vaste opération militaire lancée par l'armée.

A Damas, théâtre de manifestations inédites la semaine passée, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestations nocturnes pour les disperser dans le quartier de Hajar al-Assouad. Les militants, qui ont appelé à une "campagne de désobéissance civile à Damas en soutien à Homs et aux villes syriennes sinistrées", ont bloqué les rues menant au centre de la capitale, a déclaréMohammad Chami, porte-parole des Comités de coordination de Damas et de sa région. P

UNE CONFÉRENCE DE TUNIS ATTENDUE

Vendredi, la Tunisie accueillera une "conférence des amis du peuple syrien", une proposition de Paris et Washington, à laquelle participeront des diplomates arabes et occidentaux, ainsi que le Conseil national syrien et d'autres groupes d'opposition. En revanche, la Russie – après avoir déjà bloqué deux résolutions de l'ONU condamnant la répression du régime de Bachar Al-Assad – a annoncé mardi qu'elle boycotterait cette conférence internationale, dont "l'objectif réel" n'est "pas clair" selon Moscou.

La rencontre se tiendra, en tout cas, sous le signe de la crise humanitaire qui s'aggrave en Syrie. La France a d'ores et déjà prévenu qu'elle attendait de ce côté des résultats concrets de cette conférence de Tunis, à laquelle participera le chef de la diplomatie, Alain Juppé"Aujourd'hui, il y a une urgence humanitaire : l'accès aux victimes d'une répression de plus en plus violente. (...) Il faut que les organisations humanitaires aient un accès à la population. C'est le souhait déjà exprimé par la France depuis déjà plusieurs semaines et nous souhaitons pouvoirle concrétiser" à Tunis, a déclaré mardi Romain Nadal, porte-parole adjoint du Quai d'Orsay.

La secrétaire générale adjointe des Nations unies aux affaires humanitaires, Valérie Amos, a également réclamé mardi l'accès "sans entrave" de l'aide aux populations dans le besoin, alors que la crise syrienne a des conséquences humanitaires"significatives". Selon elle, le Comité international de la Croix-Rouge – qui a indiquénégocier avec les autorités et les opposants pour une brève "suspension des combats" afin d'acheminer de l'aide humanitaire –  "a réussi à faire rentrer quelques convois au cours de la semaine dernière". Mme Amos a aussi souligné que l'électricité n'était plus disponible que "deux heures par jour" à certains endroits.


pdf: http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/02/20/homs-l-opposition...

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