Préparer la rentrée au Timor-Leste

Summary: Dans les camps où se sont rassemblées les personnes déplacées par les troubles, des classes temporaires préparent les enfants au retour à l'école.

Lurdes Freitas, petite fille de 10 ans, regarde attentivement une amie désigner les parties de son corps en portugais, en s'adressant à toute la classe. Lurdes fait partie des 300 enfants inscrits pour suivre les classes temporaires à Metinaro, le camp pour les personnes déplacées à la suite des violences survenues au Timor-Leste.

Fin avril, lorsque son logement a été rasé, sa famille s'est enfuie et a gagné ce camp, situé à environ une heure à l'est de Dili, la capitale. Lurdes vit ici depuis trois mois. Son éducation s'est trouvée interrompue, comme c'est le cas pour des milliers d'enfants du Timor. « Ils ont brûlé notre maison, frappé nos amis et ils ont même tiré sur nous. Nous avons peur de rentrer chez nous », dit-elle.

Aller en classe, avoir une vie normale

Selon Peter Ninnes, responsable du projet éducation de l'Unicef « Les enfants sont craintifs et traumatisés. C'est pourquoi nous essayons de ramener une certaine normalité en organisant des classes temporaires avec le Ministère de l'éducation, des ONG et des bénévoles ».

Une équipe de l'Unicef a formé des bénévoles, au camp de Metinaro, leur apprenant à recourir aux chants, à la danse et aux jeux afin d'aider les enfants, dans un cadre informel, à avoir des connaissances sur le corps humain. C’est non seulement un moyen d’occuper les enfants mais aussi de les préparer à la prochaine année scolaire, qui commence en septembre.

Les kits « school in a box » de matériel pédagogique Unicef ont été distribués dans le camp de Metinaro, chaque enfant recevant une sacoche avec un cahier, une gomme, un taille-crayon et des crayons. Il y a cinq bénévoles pour s'occuper de centaines d'enfants qui viennent dans les classes temporaires trois fois par semaine. Santiago Ximenes Vaz, 26 ans, est l’un d’entre eux : « C'est dur mais nous sommes heureux de le faire pour les enfants ».

Le Ministère de l'éducation et l'Unicef discutent à présent de projets de construction d'espaces éducatifs provisoires. Les bénéficiaires seraient les enfants des communautés dont les bâtiments scolaires ont été détruits. Des associations réunissant parents et enseignants pourraient recevoir des financements et des directives leur permettant de construire ces espaces éducatifs. Les associations devront inciter les communautés à favoriser activement l'intégration des élèves déplacés.

Ces classes temporaires et ces espaces éducatifs s'intègrent dans la campagne de rentrée des classes organisée conjointement par le Ministère de l'éducation et par l'Unicef. Cette campagne vise à inciter les élèves déplacés à retourner en classe à Dili ou dans les districts périphériques en septembre. Pour Peter Ninnes, « C'est la sécurité des enfants qui constitue la préoccupation principale. Certains d'entre eux auraient reçu des pierres en allant à l'école. Nous travaillons à une vaste campagne de mobilisation sociale afin de faire passer le message clé selon lequel chaque enfant a droit à l'éducation et afin de demander aux communautés de faire en sorte que les enfants déplacés retournent en classe en toute sécurité ».

Des fournitures pour 200 000 écoliers

Dans le but de soutenir ceux qui ont perdu leurs biens dans la crise et d'encourager la fréquentation scolaire, les organisateurs de la campagne ont décidé de fournir aux élèves le matériel scolaire de base. Le Ministère de l'éducation et l'Unicef ne ciblent pas seulement les enfants déplacés : ils se sont engagés à offrir des cartables, de la papeterie et d'autres fournitures scolaires aux 200 000 écoliers en primaire du Timor-Leste.

pdf: http://www.unicef.fr/accueil/sur-le-terrain/pays/asie-de-l-est-et-pacifi...

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